
Entre deux jardins
Extérieur et intérieur
Née en 1993 et ayant grandi en Île-de-France, je porte en moi des paysages marins fondateurs, liés à une histoire familiale tournée vers l’océan. Peut-être est-ce là que se cristallise mon attirance pour les formes organiques, mouvantes, traversées d’élans et de flux. La danse, pratiquée longuement dans un cadre académique et au conservatoire, a également façonné mon regard : dans mes sculptures, les formes s’érigent, se déploient, s’élancent, comme des corps en tension cherchant leur point d’équilibre et d’épanouissement.
Je développe un univers biomorphique inspiré du végétal, de l’aquatique et du charnel. Mes sculptures sont des présences organiques, des avatars sensibles évoluant dans un jardin imaginaire. Elles construisent une mythologie personnelle où les frontières entre le corps humain et le monde vivant deviennent poreuses. Ce travail cherche à rendre perceptible la continuité entre le dedans et le dehors, entre l’individu et un vivant plus vaste.
La nature, ressource essentielle depuis l’enfance, nourrit mes formes et mes récits. Mais il ne s’agit pas d’une nature descriptive : c’est un paysage intérieur. Tantôt sensuelles, tantôt troublantes, parfois attractives ou légèrement répulsives, mes pièces jouent sur l’ambivalence. La douceur peut côtoyer la tension, la beauté suggérer la défense ou l’autoprotection. Des éléments évoquant la protection, l’agressivité ou la vulnérabilité affleurent, comme dans tout organisme vivant.
Soumis aux transformations de la matière et aux métamorphoses de la cuisson, le grès et les émaux que je fabrique moi-même — cuits à 1260 °C en four électrique — participent pleinement de cette recherche. Les contrastes de textures et de couleurs éveillent les sens et brouillent les certitudes perceptives : le solide devient-il liquide ? Le minéral charnel ? Le dur tendre ?
Mon travail s’inscrit de plus en plus dans une logique d’installation et d’immersion. Les sculptures cohabitent comme les fragments d’un monde plus vaste, formant des environnements. En circulant au sein de ces paysages, chacun est invité à ralentir, à observer, à ressentir.
Cette pratique est profondément introspective. Elle constitue ma version intime du monde vivant : une vision à la fois tendre, poétique et indomptée.
Between two gardens
Exterior and interior
Born in 1993 and raised in the Paris region, I carry within me strong memories of marine landscapes, connected to my family’s close relationship with the ocean. Perhaps this is where my attraction to organic, moving forms—full of energy and flow—began. Dance, which I practiced for many years in an academic and conservatory setting, also shaped my vision. In my sculptures, forms rise, unfold, and stretch upward, like bodies in tension searching for balance and growth.
I create a biomorphic universe inspired by plants, aquatic elements, and the human body. My sculptures are organic presences evolving in an imaginary garden. They build a personal mythology where the boundaries between the human body and the living world become porous. Through this work, I try to make visible the intimate connection between inside and outside, between the individual and a larger living world.
Nature has been an essential resource since childhood. It nourishes my forms and narratives. But this is not a descriptive nature—it is an inner landscape. Sometimes sensual, sometimes unsettling, sometimes attractive or slightly repulsive, my pieces explore ambivalence. Softness can exist beside tension; beauty can suggest defense or self-protection. Elements of protection, aggression, and vulnerability appear, as in any living organism.
Working with stoneware and glazes that I make myself—fired at 1260°C in an electric kiln—the transformation of materials is central to my practice. Contrasts of texture and color awaken the senses and blur perception: is the solid becoming liquid ? Is the mineral flesh-like ? Is the hard surface actually soft ?
My work increasingly takes the form of installation and immersive environments. The sculptures coexist as fragments of a larger world. Moving through these landscapes, viewers are invited to slow down, observe, and feel.
This practice is deeply introspective. It is my intimate vision of the living world—tender, poetic, and untamed.
PRIX
2026 | PRIX DE LA JEUNE CRÉATION MÉTIERS D’ART
FORMATION
2019 | CÉRAMISTE | Maison de la Céramique du Pays de Dieulefit
2017 | DNSEP | École Nationale Supérieure d’Art de Limoges
PRESSE
Best Archi Design | 11 juin 2024
7ALimoges | 24 mai 2024
Le Populaire du Centre | 15 mai 2024
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France 3 Limousin 19/20 | 5 septembre 2022
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Parcours des Arts n°79 – Occitanie Pyrénées-Méditerranée